GOOD LORD (Oh Lord ! Tome 3) Laure Elisac, tous droits réservés Extrait 22

Dimanche 10 Septembre 2017

Le feuilleton de l'été est en ligne !
Tous les dimanches et tous les jeudi, suivez les aventures de GOOD LORD (Oh Lord ! Tome 3) avant sa parution.

Cet extrait sera le dernier dévoilé avant la publication finale du roman. Je vais consacrer ces prochaines semaines à l'édition du livre. Je fais mon possible pour le publier fin Septembre comme promis, avec comme dead line des dead line le 6 Octobre 2017.

Heureusement, pour m'aider à la relecture, j'ai mes fidèles "Cerises", Mahira Delanney, Noha, et Liliane Fournier. En ce moment, elles traquent pour moi les mots manquants ou en trop.

Merci à vous chers lecteurs et lectrices pour votre enthousiasme et votre fidélité, et merci tout particulièrement à Ariane et Stéphanie pour leurs débriefing souvent humoristiques, toujours passionnés.


Extrait 22


Design Laure Elisac

Samedi 11 juin 2011, Drayson Mews, Kensington, Londres



– Comment peux-tu avaler des trucs aussi dégueu ? dit Eve à Gerry dans les escaliers qui menaient du rez-de-chaussée à l’appartement de l’acteur. Autant te prévenir que tu ne risques pas de me rouler des pelles avec ton haleine de rognons !
Ce dernier, qui la suivait de près, agrippa une de ses chevilles. Elle trébucha, se rattrapant de justesse sur la dernière marche des escaliers.
– Putain, Gerry ! J’ai failli me casser…
Agenouillé derrière elle, il glissa sa trombine sous ses vêtements, dans l’interstice de ses cuisses, lui rappelant qu’elle ne portait pas de culotte. Telle est prise qui croyait prendre. Le contact de ses lèvres sur sa vulve envoya des décharges jusque dans ses seins. Ils devaient aborder des sujets importants, elle n’était pas d’humeur à ça, enfin, il bénéficiait de l’effet de surprise, et puis elle n’avait pas le cœur à interrompre son exploration, lui qui, quelques mois plus tôt, déclarait détester les cunnilingus.
Il retroussa sa robe et écarta ses fesses en grognant.
– Ton cul est magnifique, j’ai eu envie de le bouffer toute la soirée.
Il immisça son museau dans son intimité. Sa mâchoire et son menton, couverts de barbe tardive chatouillaient délicieusement sa toison, pendant qu’il explorait ses plis rose sombre. Elle se cambra pour lui faciliter l’accès. Il ajouta deux doigts pendant que sa langue dardait son clitoris, mais, trop vite, il s’agita pour dégrafer son pantalon. 
– Non, attend !
– Allez, petite salope, Mr Majestyk maîtrise parfaitement la langue des signes. Aujourd’hui, il va mimer le mot caramboler. Où alors tu préfères une leçon de catéchisme ? Il peut te montrer comment on enfile un chameau dans le chas d’une d’aiguille.
– Sois sérieux, il faut qu’on discute, toi et moi.  
– Pourquoi ? Tu es trempée !
Il la saisit par les hanches pour reprendre la position initiale, mais elle s’esquiva, abandonnant derrière elle un Gerry penaud, agenouillé sur le béton ciré, et la bite à la main. En d’autres circonstances, elle aurait ri et se serait laissée attendrir.
– Je sais pour Lévimachin.
– Lévi qui ?
Gerry chercha une gonzesse dans ses connaissances, affublée de ce prénom et qu’il aurait baisée. Avec tous les mannequins qui avaient goûté à sa broche, il en avait croisé des noms bizarres, principalement les Nordiques et les filles de l’Est. Et comment s’appelait cette israélienne qui venait de finir son service militaire ? Merde. Il comprit soudain de quoi elle parlait. Il remonta son attirail et la suivit silencieusement dans la cuisine.
Elle se servit un verre d’eau pendant qu’il s’installait en face d’elle, sur le tabouret de bar.
– Ce n’est même pas que tu consommes ces machins qui me dérange, mais que tu m’aies menti.
– Je ne t’ai pas menti, techniquement, je ne prends pas de Viagra.
– Assez joué au con avec moi. Quelle différence avec le Viagra, explique-moi ?
Il s’empara du verre qu’elle avait abandonné sur le comptoir et le termina, plus pour se donner une contenance que par soif.
– Le sujet est délicat. J’ai ma fierté d’homme. Tu m'imagines, te draguer avec un « Salut, Bébé, vu que je suis né avant l’invention du téléphone portable et de la télé couleur, les festivités de ce soir seront réalisées avec moult effets spéciaux. » Après tout, on ne vous demande pas si vous êtes nées avec un brésilien naturel ou s’il vous arrive de péter autre chose que les couleurs de l’arc-en-ciel. Chacun ses secrets.
– Mais, en as-tu vraiment besoin ? Mon père, cela s’entend, avec tout ce qu’il s’est mis dans le pif, mais tu ne vas pas me faire gober que l’intégralité de la population masculine, passé la cinquantaine, utilise une béquille pour s’assurer la béquille en l’occurrence. Et, toi, en plus, tu es en super forme ! Tu as une meilleure hygiène de vie que moi !
Eve repensa à toutes ces occasions où son sexe bandait si dur que cela en devenait douloureux. Depuis tout ce temps, il aurait suffi que cet idiot abandonne ses pilules !
– Quand on possède un chibre de ma taille c’est difficile de maintenir une trique solide sur toute la longueur.
– Parce que tu t’en sers depuis longtemps ? Bordel ! Ton budget jambes en l’air doit avoisiner celui de l’armement !
– J’en prends depuis l’arrivée du viagra sur le marché. Mais avec ces molécules nouvelle génération, on a gagné en confort.
– Oh, Gerry, souffla Eve.
Accoudée au comptoir, elle enfouit son front dans ses avant-bras. Cet aveu la remplissait de tristesse. Elle l’entendit qui se levait.
– Pourquoi m’emmerdes-tu avec ça ? D’habitude, les nanas se posent moins de questions. Vous êtes bien contentes de trouver Mr Majestyk  au garde-à-vous, toujours prêt à vous servir, alors qu’est-ce que c’est que ces reproches, tout à coup.
Et voilà, maintenant elle l’avait vexé. Il se rendit dans la chambre et elle demeura dans la cuisine, écoutant le bruit de ses vêtements pendant qu’il se déshabillait, le bracelet massif de sa montre contre la table de nuit, puis celui, lointain de la douche. Comment était-il possible qu’il arrive à son âge sans que personne, jamais, ne lui ait dit qu’il était parfait tel qu’il était ?


Il l’attendait assis dans son lit quand elle le rejoignit, les draps ramenés sur lui, une vaillante érection sponsorisée par les laboratoires pharmaceutiques soulevant le tissu comme si un camp de réfugiés s’était installé entre ses cuisses. Il était encore fâché. Pourtant, tout ce qu’Eve souhaitait exprimer, c’était son inquiétude pour sa santé. Elle se débarrassa de sa tunique et grimpa nue, sur le matelas. Elle s’allongea contre lui en silence et appuya sa joue contre sa poitrine poivre et sel.
– La difficulté n’est pas d’avoir la gaule, commença-t-il, mais avec ma longueur… ma bite ne paraissait jamais aussi raide que celle de mes potes à l’école. Ils n’osaient pas se moquer de moi ouvertement parce qu’ils craignaient les représailles de mon frère, alors ils m’appelaient Elephant man, mais je me doutais que c’était pour la trompe molle, pas pour la taille.
– Il ne t’est jamais venu à l’idée qu’il s’agissait d’un phénomène normal ?
– Trop grande pour être convenablement irriguée ? Certainement. Je te laisse savourer l’ironie de la situation, c’est comme si Dieu m’avait offert une Ferrari, mais sans le réservoir d’essence.
– Non, je veux dire, c’est peut-être normal, pour pénétrer le vagin. Quand elle est dure, c’est douloureux. Toutes les femmes ne disposent pas d’un couloir à bowling là-dedans. Peut-être que sa mollesse rend l’intromission confortable, tout simplement.
– Et comment rentre-t-on si on n’est pas raide, Madame l’ingénieure en mécanique des corps ?
Elle se redressa pour croiser les jambes en tailleur à côté de lui.
– La verge n’a pas besoin de dureté pour entrer, elle a besoin que la dame soit ouverte, et mouillée.  
Un mouvement dans les draps capta son attention. L’objet de leur conversation remuait, preuve que Mr Majestyc était doté d’un système ORL autonome.
– Regarde, tu n’as pas à forcer pour entrer…
Elle plaça l’index de l’acteur dans sa fente soyeuse.
– …et, étant donné la dimension de ton engin, crois-moi, on le sent passer.
L’engin était définitivement à l’écoute. Eve le caressa doucement.
– C’est la dernière fois qu'on cabriole avec ça. Promets-moi de jeter ton stock. Enfin, fourgue-les à mon père, lui, il a de sérieux problèmes de robinetterie. Mais j’ai hâte de découvrir comment c’est de faire l’amour avec toi, le vrai toi. 
– Et si Mr Majestyk  ne se souvient plus comment on bande tout seul.
– Tu me feras jouir manuellement, j’adore ça. Tu me lècheras tant que Mr Majestyk réclamera du temps pour retrouver ses esprits.
Gerry la bascula sur le dos et la couvrit de son corps, s’appuyant sur ses coudes pour ne pas l’écraser, précaution inutile, vu qu’il l’étouffait avec la vigueur de son baiser. Il lui dévora la bouche, les lèvres, la langue. Eve se sentait comme un surfeur pris dans un rouleau, sauf que sa planche était un gros pipeline. Quand il la libéra, il nicha sa bobine dans son cou, avec le projet manifeste de polir et embrasser chaque parcelle de sa peau. Ses genoux se frayèrent un passage jusqu’à son mont de vénus, et Mr Majestyk toqua discrètement contre son intimité. De son côté, elle cherchait surtout à respirer. Gerry avança et comme annoncé précédemment, il la pénétra sans lutter. Il émit un grognement, mais s’abstint de s’engager plus profond. Au contraire, il se contenta de frotter son gland et les premiers centimètres à l’intérieur d’elle. Son vagin, préservé d’une intrusion démesurée, conserva sa texture tendre et juteuse autour de sa branche. Il leva son visage au-dessus de celui d’Eve et plongea dans ses yeux avec une intensité telle que la jeune femme eut l’impression qu’ils se regardaient pour la première fois.
– Eve… murmura-t-il, Eve… bon sang…
Les gens associent généralement la nudité à la stimulation sexuelle : une chute de reins, des seins, une queue tendue… mais là, pour Eve, la vue de ses traits qui se contractaient sous l’intensité de l’émotion atteignait le summum de l’érotisme. Son cœur enfla en même temps que l’orgasme grandissait dans son ventre et elle lisait dans les prunelles de Gerry qu’il vivait la même chose et qu’il avait peur. Elle caressa sa nuque et il renversa sa tête en arrière pour jouir, tous ses muscles crispés dans l’effort produit pour ne pas la pilonner de toute sa longueur. Fascinée par la contemplation de ce visage qu’elle affectionnait plus que jamais et par la confiance qu’il lui offrait, elle en oublia son propre plaisir et serra ses cuisses autour de lui pendant qu’il récupérait des secousses de l’ultime félicité.
– Eve, dit-il, à bout de souffle, repousse-moi.
– Hein ?
Il se souleva sur les bras, vibrant d’une nouvelle excitation.
– Repousse-moi !
– Mais… pourquoi ?
– Pour que tu m’appartiennes pour toujours.
Il éclata de rire et Eve se demanda s’il avait grillé quelques neurones à force de se retenir. Peut-être que les molécules du Lévimachin avaient migré sous sa voûte crânienne, provoquant le gonflement de vaisseaux vitaux…. Elle réalisa enfin le sens de ses paroles. Ses neurones avaient réellement fondu.
– Épouse-moi ! répéta-t-il. Marions-nous, on est fait l’un pour l’autre, c’est évident ! Comment ai-je pu passer à côté si longtemps ?
– Gerry, pitié, ne ruine pas ce moment fabuleux !
– Ah ! Tu vois, tu le penses également ! Je veux que tous les deux on reste comme ça pour le restant de notre existence. Il faut qu’on se marie. Ça y est, je comprends ce que Malcom ressent, moi aussi je veux que tu deviennes ma femme.
– Malcolm veut que je devienne sa femme ?
Il rit de plus belle, naviguant de l’euphorie à l’hystérie.
– Je suis fou de ton humour, tu es tellement différente de toutes les gonzesses que j’ai rencontrées ! Il faudrait inventer une catégorie rien que pour toi.
Eve s’assit, le dos contre le mur.
– Gerry arrête tes conneries, tu sais très bien que c’est hors de question.
Il fronça les sourcils et s’agenouilla devant elle.
– Pourquoi ? La baise est fantastique, je tiens à toi, et tu tiens à moi. Pour la première fois, je comprends qu’on puisse rester toute sa vie avec la même personne de son plein gré.
– Mais je ne fonctionne pas comme ça. C’est comme… Sonia m’a raconté un jour que le cerveau des ados n’était pas totalement formé avant la fin de leur croissance et qu’il leur manquait la partie qui permet de se projeter dans le futur. Et bien chez moi, cette zone ne s’est jamais développée.  
Il tapa du poing sur le matelas, Eve ramena ses genoux contre elle. Gerry maugréa et articula entre ses dents serrées :
– Merde, c’est ça, le problème avec toi !
Il pointa un doigt furieux contre ses pectoraux.
– Moi, je ferais n’importe quoi pour nous deux, mais toi, toi, on dirait que tu te trouves là par hasard, que tu attends la fin du film pour rentrer chez toi.
– Tu es injuste. Je n’étais jamais sortie au-delà de deux mois avec un homme, pourquoi je serais là si je ne tenais pas à toi ?
– Mais pas comme moi, je tiens à toi.
– Si ! Non ! Les gens se jurent de rester ensemble jusqu’à ce que la mort les sépare, c’est flippant. Personnellement, je préfère vivre avec toi tant que la vie nous rapproche.
Gerry secoua la tête et se leva pour s’habiller. En pleine nuit. Avec la tente à réfugiés toujours dressée.
– Où vas-tu ?
Il extirpa rageusement un bermuda du placard mural.
– Tant que la vie nous rapproche ? Jolie réplique, tu devrais l’envoyer à Malcolm, il l’utilisera probablement dans sa prochaine pièce.
– Gerry, où vas -tu, putain !
– Me bourrer la gueule. Au moins, je n’ai plus à m’inquiéter de ce que j’ingurgite.
Il enfila un tee-shirt et tourna sur lui-même pour localiser ses converses. Eve sauta du lit et les intercepta, les serrant contre elle pour l’empêcher de les atteindre.
– Ne fais pas ça, Gerry.
Il essaya de les saisir, elle résista.   
– Faire quoi ? dit-il en postillonnant sous le coup de l’agacement.
– Te détruire pour me punir de ne pas céder à tes caprices.
– Me détruire ? Avec quelques bières ? Tu te donnes beaucoup d’importance. File-moi ces satanées godasses.
Elle fit non de la tête. Il se retourna et farfouilla dans le placard pour en extraire une paire de tongs. Il ne risquait pas de boire toute la nuit, les pubs fermés, quelle boîte l’acceptera vêtu ainsi ?
– Je t’en prie, Gerry, ne gâche pas tout, on était bien ensemble.
– Parce que ça t’intéresse, maintenant ?
Eve l’entoura de ses bras et se cola contre son ventre tendu par la digestion. Il ne fit pas un geste pour répondre à l’accolade.
– Évidemment ! Je kiffe notre couple, je kiffe notre quotidien. Je t’adore, que veux-tu de plus ?
Après un silence, elle reprit, le front plaqué contre son torse.
– S’il te plaît, reviens te coucher, je ne supporterais pas de te perdre.
Il soupira et son corps se détendit comme une cornemuse qui joue sa dernière note.
– Ok, mais colle-toi un truc sur le dos, j’ai besoin de marcher. Entre Matt qui m’a gavé de rognons et toi, avec tes frites, j’ai l’impression d’avoir avalé un camion à pizza.
– C’était parce que Matt m’a expliqué que le gras interférait avec le Lévitron, je comptais te torturer pour me venger de tes mensonges.
– Désolé, mais l’omission ne constitue pas un mensonge. Je plaide innocent, comme l’agneau immaculé.
– C’est la vierge qui est immaculée.
Il se frictionna l’estomac avec contentement.
– Ouais et bien tu admettras que ton plan diabolique ne fonctionne pas sur une force de la nature de mon acabit.
– J’ai vu, et j’ai senti, dit-elle timidement, par peur de rompre le fragile équilibre qui s’instaurait à nouveau. 
Gerry récupéra ses tennis et s’assit sur le lit pour les lacer. Eve enfila sa robe de la soirée. Elle était froissée aux endroits où Gerry l’avait empoignée dans les escaliers.
– Quelle est la différence entre un agneau et une prostituée ? dit-elle, mue par une inspiration soudaine.
– Tu m’inquiètes, est-ce une blague à la fois pédophile et zoophile ?
– Idiot ! La prostituée, on la conduit à l’hôtel, alors que l’agneau, on lui règle son compte sur l’autel !
– Il y a également des femmes qu’on conduit à l’autel, figure-toi.
– Pour leur régler leur compte ?
Il la fessa pour qu’elle accélère le pas.
– À notre retour, je règlerai son compte à ce cul et cette bouche insolente.


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